Madame, Monsieur,
Tenzin Delek Rinpoché, Lama tibétain de 55 ans, condamné à mort avec un sursis à exécution de deux ans le 2 décembre 2002 et dont le cas a entraîné une intense mobilisation internationale, a vu sa peine commuée en prison à vie par la Haute Cour du Sichuan, a annoncé l'agence Chine Nouvelle le 26 janvier 2005. Le verdict le prive également de ses droits politiques à vie. L'agence Chine Nouvelle rappelle que le moine avait engagé deux avocats pour sa défense lors de son procès en appel, et qu'il aurait avoué le crime, selon le tribunal. Pourtant, le tibétologue chinois Wang Lixiong et l'oncle de Tenzin Delek Rinpoché avaient engagé deux avocats chinois de Pékin qui se virent refuser l'accès au dossier. De plus, Tenzin Delek Rinpoché a clamé son innocence lors du procès ainsi que dans une déclaration recueillie clandestinement et diffusée par “Radio Free Asia”.
"Tenzin Delek Rinpoché n'est pas seulement une figure religieuse de tout premier plan au Tibet, il a également oeuvré dans les domaines économique, culturel et social par la construction d'orphelinats, de cliniques, d'hospices et la préservation de l'environnement" déclarait Madame Tsewang Lhadon, Directrice exécutive du Tibetan Center for Human Rights and Democracy (TCHRD) à l'occasion d'une récente mission d'ECPM et de France-Tibet à Dharamsala. Tenzin Delek Rinpoché s'était notamment engagé avec succès dans une action contre la déforestation. Sa popularité dans la région de Kardzé était perçue comme menaçante par les autorités chinoises locales, qui ont pris prétexte "d'attentats à l'explosif" pour le faire arrêter. Il avait été arrêté en avril 2002 avec un membre de sa famille, Lobsang Dhondup, 28 ans, exécuté le 26 janvier 2003 malgré les promesses des autorités chinoises aux instances internationales d'une révision du procès à longue échéance.
Selon Human Rights Watch, le moine Tashi Phuntsok, 45 ans, arrêté également en avril 2002 et condamné à 7 ans de prison dans cette même affaire a été relâché début janvier, et souffre de graves détériorations physiques survenues en détention. Tashi Phuntsok avait joué un rôle important pour mettre un terme au programme gouvernemental chinois de déforestation à Kardzé. Il ne peut plus marcher, ni parler clairement, vraisemblablement suite aux tortures systématiquement appliquées aux prisonniers politiques au Tibet et en Chine. Egalement très inquiet pour la santé de Tenzin Delek Rinpoché, qui souffre d'hypertension et d'une maladie cardiaque, nous demandons sa libération.
Aussi, nous vous demandons d'user de toute votre influence auprès du gouvernement de la République populaire de Chine, afin d'obtenir la libération de Tenzin Delek Rinpoché pour raison de santé et demander à lui rendre visite.